De l’Atlantique aux rivières et lacs de l’Atlas

Si la pêche maritime se pratique sur le littoral atlantique sud marocain qui compte plusieurs grands ports sardiniers, celle en rivière ou en lac est bien moins courante au sein de la population marocaine.

Néanmoins nos touristes- visiteurs ayant amené très tôt cette passion dans leurs valises, celle-ci connaît un essor certain, privilégiant un écotourisme le plus souvent montagnard.

La pêche océane

La pêche côtière peut se conjugue de différentes façons. La pêche au surf casting reste la plus pratiquée par les amateurs de pêche sportive. Lancée au loin depuis la plage ou du haut d’une falaise et dûment plombée, patient, le pêcheur au bout de sa ligne remontera sars, loups de mer ou courbines.

Mirleft, Sidi Ifni, El Ouatia, Tarfaya, la baie de Dakhla sont autant de plages entrecoupées de hautes falaises ocre et de criques sympathiques où l’on peut pratiquer le surf casting sans modération.

La pêche du haut des falaises surplombant l’océan, en équilibre précaire sur des corniches vertigineuses, reste la technique la plus acrobatique pratiquée par les pêcheurs marocains.

Les inconditionnels de la pêche au large choisiront, eux, les embarquements sur des bateaux côtiers plus ou moins grands qui s’éloigneront au loin, respirant sans restriction cet air marin vivifiant.

Sans oublier Agadir où de nombreuses activités de pêche au gros sont depuis longtemps proposées.

Des rivières conséquentes

Mais le Maroc n’est pas que sa côte océane. Avec ses importants reliefs montagneux et ses hauts sommets, le royaume chérifien est bien pourvu en eaux intérieures.

Rivières galopantes, lacs souvent enclavés sont nombreux et le poisson abondant. Par ailleurs un programme d’écloserie d’état et d’empoissonnement a été mis en place. S’il est possible de pratiquer la pêche de loisir en eau douce, certaines réglementations sont de rigueur.

Ainsi, il faut se procurer un permis de pêche auprès des Services Provinciaux des Eaux et Forêts ou aux Arrondissement des Eaux et Forêts. Cependant des mesures conservatoires peuvent être prises dans certains endroits ou pour différentes espèces de poissons. Ligne flottante, à la cuillère, à la mouche, au lancer, tous les styles sont autorisés.

De la pêche en montagne

Carpes, brochets, black bass, sandres et bien évidemment truites seront au rendez vous de parties de pêche accompagnées de belles randonnées parfois aussi magnifiques que difficiles d’accès.

Le Haut Atlas offre plusieurs de ces sites encore sauvages dans lesquels truites et autres poissons à chair blanche abondent.

Le massif du Toubkal. Proche de Marrakech, dans les contreforts du massif du Toubkal, de pittoresques rivières comme l’Ourika ou le Zat dissimulent dans leurs lits une faune piscicole intéressante. A noter que ces rivières se trouvant partiellement dans l’aire du Parc National du Toubkal administré par la Direction Régionale des Eaux et Forêts, certaines restrictions peuvent exister.

Le lac Ifni

Les versants sud du Toubkal, quant à eux, hébergent le lac d’altitude d’Ifni, plus grand lac montagnard de l’Atlas. Au fond d’une vallée cernée par les monts Toubkal et Ouanoukine, le jbel Sirwa émergeant au sud, ce lac créé suite à un affaissement de terrain très ancien abrite dans ses eaux des truites Salmon.

Il est à noter que l’écosystème de ces truites autochtones a été perturbé par l’introduction de carpes Cyprinus, grandes dévoreuses d’algues et à la reproduction plus rapide que celle de la truite. Il ne reste dorénavant que quelques lacs du Haut- Atlas : Ifni, Tamda, les lacs d’Imilchil et certaines rivières à en abriter encore.

Tamda, un site hors sentiers battus

C’est depuis Telouet, l’ancienne capitale Glaoua et sa kasbah renommée que débute cette ascension en traversant le village d’Anemiter par la route montagnarde goudronnée menant à Aït ben Haddou. Il faut rejoindre le village de Tighza et remonter ensuite le lit de l’Oulina jusqu’à sa source.

Entouré des jbel Tamda et Anghomar aux versants plus arides et à la végétation plus rabougrie, surgit ce lac d’origine glaciaire à l’eau azurée. Les truites, introduites dans ces eaux calmes et peu visitées, y prospèrent en grand nombre en y atteignant des tailles confortables au grand contentement des pêcheurs, à qui il faudra plusieurs heures de marche en convoi muletier pour arriver sur ces rives.

Aït Bouguemez, au versant nord du Mgoun

Une vallée en essor. Tout aussi généreux de par ses nombreuses rivières impétueuses, le Haut Atlas Central héberge quelques sites où s’épanouit sereinement cette passion pour la nature. Lovée au pied du M’goun, deuxième sommet marocain, longue de 35km, parsemée de 25 douars (hameau) typiques de l’Atlas, la ‘vallée heureuse’ est traversée par l’oued Bouguemez qui lui donne son nom.

Depuis qu’elle a été désenclavée dans les années 70, cette vallée toujours un peu isolée accueille de nombreux amateurs de pêche à la mouche ou à la cuillère. On y trouve brochets et truites.

C’est depuis Demnate à 100km à l’est de Marrakech ou d’Azilal au sud de Beni Mellal que l’on y accède à travers les splendides paysages des premiers contreforts de l’Atlas Central.

Très longtemps préservée du tourisme de masse, la vallée des Aït Bouguemez se décline au rythme calme de la vie quotidienne agricole. La verdure des cultures et des très nombreux arbres fruitiers bordant la rivière poissonneuse offre un contraste saisissant avec l’austérité des monts qui entourent ce petit paradis bucolique. Une visite hors du temps pour d’agréables truites à déguster.

Vers les lacs Isli et Tislit, légende des fiancés berbères d’Imilchil

Plus à l’est, la piste peut continuer pour les 4×4 vers la vallée d’Anergui et ensuite le rivière Melloul qui plus loin alimente de son cours la palmeraie froide d’Imilchil et la bordure de ses lacs, paradis des fiancés… et des truites, bien entendu.

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