Immersion saharienne

Empruntée par les amateurs d’aventures africaines, la route côtière menant jusqu’à la Mauritanie, à travers le grand sud marocain, ne manque pas de charmes mais peut être aussi de monotonies par endroits…

Les côtes atlantiques étaient déjà connues des marins commerçants phéniciens. C’est l’introduction du dromadaire au début de l’ère chrétienne qui permit de renouer des contacts commerciaux interrompus avec l’Afrique subsaharienne suite à l’intense désertification du Sahara amorcée dès le troisième millénaire avant J.-C.

Cette région reste particulière. Les tensions sont toujours vives malgré les différentes résolutions onusiennes, les nombreux traités, la Marche Verte et l’annexion du Sahara occidental par le Maroc.

Dunes, surf et pêche

550 kilomètres séparent Laâyoune de Dakhla. La route épousant largement la côte atlantique passe par Boujdour, petite localité entourée de plages et de falaises sur lesquelles d’intrépides pêcheurs lancent leurs immenses lancers dans les vagues turbulentes, le tout dans un équilibre précaire.

Elle portait autrefois le nom de Cap Bojador donné par le navigateur portugais Gil Eanes qui le premier toucha son rivage en 1434. Devenu au fil du temps un petit havre de paix, la localité se dédie maintenant à la pêche au gros, aux surfeurs et véliplanchistes attirés par les vagues et les vents réguliers offerts par l’océan.

Jusqu’à Dakhla la route sinue le long d’une côte bordée de pittoresques villages de pêcheurs et de falaises aux belles couleurs souvent ocre surplombant le bleu vert de l’immensité marine. Un contraste permanent et démesuré avec la luminosité des regs et ergs qui alternent les perspectives.

Le Sahara par étapes

Guelmim

Guelmim, si ce n’est encore le grand sud, est un passage obligé. Située sur les rives de l’oued Noun, cette bourgade qui était autrefois d’importance sur les routes caravanières de Tombouctou, voit l’Anti Atlas s’affaisser à ses pieds.

Ici, en plus du berbère, l’influence du sud se fait sentir. Nombreux sont les gens parlant le Hassanya, le langage sahraoui.

Tan-Tan

125 km de route traversant un reg immense la sépare de Tan-Tan qui accueille le voyageur avec deux énormes dromadaires blancs dressés à l’entrée de la ville. Essentiellement ville étape, les voyageurs lui préfèrent souvent El Ouatia à une vingtaine de kilomètres sur la côte.

Ici, la bienvenue est souhaitée par une ronde de requins. Grand port sardinier du sud atlantique marocain, il est bordé de longues plages souvent hachées de falaises et de calanques reposantes. Comme dans de nombreux endroits de cette partie du littoral, le surf y est pratiqué.

Lagune de Naïla

La route s’élance vers le sud, encadrée par des regs qui n’en finissent pas et l’océan déployant ses rouleaux. C’est à partir de la lagune de Naïla, avant le cap Juby que des ergs et des lacs salés asséchés font leur apparition.

La lagune de Naïla au sud de Sidi Akhfenir, abrite les nombreux flamants roses, échassiers et oiseaux migrateurs qui y font une halte salutaire.

Tarfaya

Cette petite ville plantée sur le cap Juby a été le point de départ de la marche verte en 1975. Elle servit aussi d’escale à l’aéropostale chère à Antoine de St Exupéry.

Lieu de passage sur la route du sud, elle reste peu fréquentée par le tourisme de masse, mais surtout visitée par les surfeurs et véliplanchistes qui se donnent à cœur joie dans les rouleaux océaniques.

Laâyoune, la grande cité du sud

De Tarfaya à Laâyoune, 100 km plus au sud, la route est bordée d’ergs et de dunes solitaires entourées de rocaille. Elle longe deux lacs asséchés irrégulièrement alimentés par le trop faible débit de l’As Saquïa el Hamra. Le vent qui s’étale sur le bitume suscite de véritables pièges mouvants.

Laâyoune, fondée par les espagnols en 1932, connaît depuis quelques années un essor démographique et urbanistique fulgurant. En grande partie dû aux nouvelles dispositions donnant des avantages fiscaux aux marocains du « nord » qui s’y installent et à l’exploitation du phosphate des mines de Bou Kra. Elle s’est transformée en pôle économique important. Laâyoune devient aussi un site prisé par les amateurs de sports nautiques et pêcheurs.

Smara, une ville dans le désert

A 230 km au sud-est de Tan-Tan et 240 km à l’est de Laâyoune, Smara est historiquement le centre culturel des tribus sahraouies. Ville bâtie en plein désert à la fin du XIXe par un cheikh d’origine mauritanienne Maâ El Aïnin à la demande du Sultan Moulay Abdelaziz, elle a été détruite par l’armée française en 1913, puis reconstruite sur ses propres ruines.

Les vestiges de son ancien ksar entouré de remparts percés de cinq portes, et sa vieille kasbah sont toujours visibles. Cette répression a eu pour effet de détruire aussi la médersa de l’ancienne mosquée et sa bibliothèque dans laquelle étaient soigneusement conservés 5 000 vieux manuscrits.

Sur les bords de la rivière As Saquïa el Hamra, Smara préside désormais aux destinées de la région. Son centre aux toutes petites maisons ocre et carrées surmontées de dômes blancs vaut le détour.

Dakhla

L’ex ‘Villa Cisneros’ espagnole est la deuxième ville des Provinces Sahariennes. Bâtie sur la presqu’île de Rio de Oro, elle abrite une splendide baie poissonneuse, des parcs à huîtres ainsi des espaces protégés attirant de plus en plus de voyageurs.

Découvertes inédites

Une occasion depuis Dakhla d’investir l’arrière pays est de prendre la route sur 230 km vers le sud-est pour le douar saharien d’Aouserd.

Proche de la Mauritanie, cette commune rurale épisodiquement et essentiellement fréquentée par des nomades a la particularité de posséder peu de bâtiments en dur. Néanmoins sa population serait passée de 672 âmes en 1994 à 5832 dix ans plus tard.

Des hommages inconnus

Son intérêt réside surtout sur deux sites funéraires et rupestres avoisinants. ‘Oulad Aâtia’ et ‘Bou Lariah’ sont des lieux étranges. De forme arrondie d’un diamètre de 10 m, ces deux imposantes tombes ont chacune en leur centre un immense obélisque gravé d’inscriptions en tifinagh, l’alphabet berbère, et de hiéroglyphes.

Ces hommages à des personnalités inconnues à ce jour seraient vieux de plusieurs millénaires. Un site voisin, lui, est garni de peintures et gravures rupestres nous montrant un environnement peuplé de grands animaux, post témoignage d’un Sahara d’avant la désertification où l’eau et les plantes devaient abonder.

Arrivée en Mauritanie.

Après Dakhla il faut rejoindre Guerguerat, ville frontalière située avant le Cap Blanc. Cette ville frontalière avoisine avec la ville fantôme et ensablée de Lagouira, maintenant uniquement peuplée de quelques irréductibles pêcheurs de l’ethnie Imraguen.

Le peuple sahraoui, histoire et conflits

Au XIe siècle les berbères Almoravides des tribus Zenagas, originaires de l’Adrar en Mauritanie fondèrent un empire qui s’étendra de l’actuel nord mauritanien à la péninsule ibérique et jusqu’à l’Algérie centrale.

A partir du XIIIe siècle, les nomades Mâaqil, originaires du Yémen envahirent le sud marocain. Repoussés par le Sultan mérinide, ils s’installèrent à l’ouest de l’oued Drâa, duquel, progressivement, au cours des XV et XVIIe siècles, ils investirent tout le sud-ouest marocain jusqu’à l’actuelle Mauritanie. Nomades comme les populations berbères autochtones, leurs rencontres métissées donnèrent naissance au peuple sahraoui actuel.

Un XXe siècle déterminant

Au début du XXe siècle, trois accords furent signés entre l’Espagne et la France afin d’établir leurs zones d’influences respectives, fixant les frontières méridionales et orientales du Rio d’El Oro (Paris-1930) ; puis celle septentrionale englobant la région du Saguiet El Hamra et la zone de Tarfaya jusqu’au Drâa (Paris-1904). Le Traité de Madrid en 1912 confirma ces frontières ainsi que le statut de l’enclave espagnole d’Ifni.

Derniers conflits

Si l’année 1912 marqua l’établissement du protectorat français signé avec le Sultan Moulay Hafid, elle marque aussi la destruction de la ville culturelle chère aux sahraouis, Smara, bâtie en plein désert à la fin du XIXe par le Cheikh Maâ El Aïnin à la demande du Sultan Moulay Abdelaziz.

De nombreuses escarmouches menées par les sahraouis et les tribus berbères Aït Baâmrane de la région d’Ifni marqueront cette première moitié de siècle. Elles déboucheront sur la ‘’Guerre de Sidi Ifni’’ avec le siège de la ville qui durera d’octobre 1957 à avril 1958. Cependant il faudra attendre 1969 pour que l’Espagne abandonne son enclave, puis 2010 pour qu’Ifni se libère de la tutelle provinciale de Tiznit.

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