L’origine des Berbères

Les Berbères restent empreints de mystère, beaucoup de savants se sont acharnés à vouloir trouver leur origine, en allant parfois jusqu’à avoir recours à l’imagination pour arriver à leur fin.

Pourtant les Berbères sont connus depuis l’antiquité. On les appelait par différents noms. Ce sont les Numides et les Libyens qui sont à l’origine de la prise de Tunis en -396. Salluste, historien romain dans le De bello jugurthino nomme les premiers habitants de l’Afrique les Gétules et les Libyens.

Bien plus tard à l’époque du royaume Vandale, de 508 à 535 Masuna portera le titre de roi des « Maures et des Romains » en Maurétanie Césarienne. Plusieurs de leurs chefs se distinguèrent et eurent des règnes glorieux, notamment Syphax roi des Numides qui régna en -220 sur le royaume massyle ou le roi Massinissa qui à partir de -203 unifia la Numidie et conquit Carthage.

Le mot Berbère vient du grec Barbaros qui signifie « non grec », « étranger ». De nos jours les Berbères préfèrent utiliser le terme Amazigh qui signifie dans leur langue « homme-libre ».

Les Berbères de nos jours

Les Berbères constituent une ethnie d’Afrique du Nord.

Cette ethnie est composée de plusieurs groupes répartis diversement sur un vaste territoire qui couvre près de 5 millions de kilomètres carrés : «Actuellement les populations parlant une langue berbère habitent dans une douzaine de pays africains, de la Méditerranée au sud du Niger, de l’Atlantique au voisinage du Nil.» En conséquence les peuples Berbères sont présents en Algérie, au Maroc, au Burkina-Faso, au Mali, au Niger, en Libye,en Tunisie, en Mauritanie…

Au Maroc on peut citer les Brabers du moyen Atlas. Au sud – ouest ce sont les Chleuhs du Haut Atlas et de l’Anti Atlas, régions constituées de chaînes de montagnes. Les Rifains habitent une autre région montagneuse appelée le Rif située au nord. Comme on le voit, les différentes tribus berbères sont dispersées et occupent des espaces géographiques hétéroclites et très variés, comme le met en lumière Gabriel Camps :

« Ces Berbéries sont encore plus diverses (…) Des cultivateurs arboriculteurs sont de vrais paysans attachés à leur terroir, comme les montagnards kabyles ou rifains, hommes de l’olivier et du figuier, ou comme le jardinier de l’oasis soucieux de ses palmiers dattiers (…) Mais il y a aussi des céréaliculteurs de montagnes arides comme les Matmata du sud tunisien, les Chleuhs de l’Anti Atlas marocain qui savent, les uns et les autres, construire des terrasses sur les versants escarpés pour conserver et les terres et l’humidité.

D’autre régions connaissent des arboriculteurs semi nomades tels que les Chaouïas de l’Aures qui doivent leur nom, arabe, à leur vie pastorale (Chaouïa veut dire berger). Quel contraste entre ces rudes montagnards et cette société citadine saharienne qui s’est spécialisée dans le négoce subsaharien et le petit commerce du Tell algérien, ces Mzabites … Qu’y a-t-il de commun entre le chamelier voilé d’indigo, aussi sec qu’une branche épineuse d’acacia, et le débonnaire épicier mzabite, entre le jardinier kabyle et le pasteur braber ? Bien plus qu’on ne le dit ou le croit. Il y a, en premier lieu, la langue…»



La langue

La langue parlée par les Berbères est le tamazight. Cette langue appartient à la famille des langues «chamito-sémitiques».
Il existe également un alphabet berbère: le tifinagh inventé par les Touaregs.

Outre la profusion de la tradition orale berbère, de ses contes et légendes, des formes artistiques, des traits culturels communs et aussi d’un certain type d’organisation sociale qui leur est attribué, la langue reste l’élément identitaire le plus manifeste.

Il existe plusieurs dialectes, par exemple au Maroc les Chleuhs parlent le dialecte taselhit, chez les Rifains c’est le tarifit, et les Brabers quant à eux s’expriment en tamazight.

Néanmoins il y a une unité dans le vocabulaire, et les principes fondamentaux de la langue (phonétique et grammaire) se sont maintenus. Ainsi, malgré des modes de vie différents (tel le berger Chaouïa, le Touareg nomade ou le Kabyle montagnard) la langue permet de garder un système de pensée proche.

Le nombre de berbérophones est difficile à évaluer. En effet de par leur éclatement géographique et les enjeux politiques importants qu’ils suscitent, les chiffres sont souvent contestés et/ou contestables.

Cependant afin d’avoir un ordre de grandeur, nous nous baserons sur une estimation du professeur Salem Chaker, Professeur de berbère à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), directeur du centre de recherche berbère. Ainsi on peut raisonnablement penser que les berbérophones représentent :

    • Un pourcentage d’environ 25 % de la population en Algérie, soit entre 7 et 8 millions de personnes sur un total de 31 ou 32 millions d’habitants ;
    • Un pourcentage d’environ 40 % de la population au Maroc, soit 12 à 13 millions de berbérophones sur une population globale de 32 millions. (S Chaker., Langue et littérature berbères.)

    L’une des grandes forces des différentes populations berbères est d’avoir su conserver et préserver, la langue berbère si riche et poétique, et ce malgré toutes les influences extérieures qui ont traversé et modelé l’Afrique du Nord pendant des siècles.

    Cet article n’est qu’un panorama. Il est évident que l’univers des berbères est multiple et foisonnant et que chaque groupe berbère mérite qu’on lui consacre de longs et passionnants exposés…






    Erwan DELON – erwandelon@gmail.com -, docteur en sociologie, Université Paris Ouest-Nanterre La Défense. Pour Sud-Maroc.com.


    Activités et loisirs dans l’Atlas

    [Activités, transferts et loisirs dans l’Atlas]



    Bibliographie indicative
    • A, Bertrand., Tribus berbères du Haut Atlas, Edita Vilo, Lausanne, 1977.
    • A, Bounfour., Introduction à la littérature berbère,1 La Poésie ;2. Le récit hagiologique, Paris/Louvain : Peeters, 1999, 2005.
    • G, Camps., Berbères Mémoire et identité, Éditions errance, Paris, 1995 (1ère édition 1980).
    • S, Chaker., Berbère aujourd’hui, l’Harmattan, Paris,1998.
    • L, Galand., Langue et littérature berbère (vingt cinq ans d’étude), Paris,CNRS,1979.
    • Ibn Khaldoun., Histoire des Berbères. Trad. De Slane, Paris,1890 (1925-1956).
    • C, Lacoste-Dujardin., Dictionnaire de la culture Berbère en Kabylie, Editionsla découverte, Paris,2005.



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