Un musée en plain air exceptionnel

Grandiose ! Indique le panneau sur la route. L’on pourrait penser que le terme est racoleur; il n’est pas usurpé, nous le confirmons.

A l’origine, c’est une petite source d’eau gazeuse à ciel ouvert. En 1973, sous l’impulsion des autorités de Tinejdad, une analyse de l’eau est faîte qui révèle une eau de haute qualité et riche en magnésium. L’autorisation sanitaire est accordée, la source est reconnue d’utilité publique et l’eau propre à la consommation.

Des travaux d’aménagement sont faits qui se cantonnent à élever une petite bâtisse d’une pièce autour de la source afin d’offrir un cadre à la dégustation de l’eau. Enfin un bassin est creusé 1×3 m sur 4 m de profondeur qui entoure la source, lui donnant une assise tant visuelle que pratique, délimitée par un petit muret où l’on peut voir l’eau naturellement gazéifiée, pétiller.

Le projet initial perdura quelques années puis pour une raison que tout le monde semble ignorer, capota petit à petit pour aboutir, comble de l’ironie, d’une source à ciel ouvert à une décharge à ciel ouvert qui en profondeur souilla la nappe phréatique tant chacun s’évertua à y jeter toutes sortes d’immondices.

Les autorités fermèrent la source et chacun resta sur sa soif. Mais c’était sans compter sur l’énergie, l’opiniâtreté et la volonté inflexible de Zaîd l’érudit qui enfant de Tinjdad à quelques km de là et ayant travaillé dans le tourisme à Agadir, notamment en dirigeant une galerie d’art, s’empara du projet abandonné afin de lui redonner vie et d’y assoir une structure qui dépasse de loin ce que tous auraient pu imaginer.

Il donna corps au plus atypique des musées de l’eau, emprunt d’histoire locale et régionale des us et traditions, emprunt d’une réelle connaissance du patrimoine culturel berbère. Il réhabilita le lieu, l’assainit dans un premier temps et l’habilla des formes les plus expressives de son imagination d’artiste à part entière; d’artiste et de bâtisseur.



Visite du musée de l’eau Lalla Mimouna

Dès l’entrée, le visiteur est invité par une progression harmonieuse du lieu, à parcourir d’allée en allée tout ce qui est représentatif de l’Histoire locale et de la vie tant berbère que nomade en général.

Laissez vous guider au fil du parcours fléché tout en humant les senteurs des bosquets d’Ibiscus, de lauriers ou de bougainvilliers plantés par le maitre des lieux. Grand amateur de maximes sur l’eau « source de vie » et calligraphe attentionné, Zaïd collectionne toutes sortes de citations éclairées sur l’eau. Elles parsèment avec à propos les différentes haltes le long de ce pèlerinage évocateur d’un retour aux sources…

La visite débute par une allée où sont exposés silex, pointes de flèches dites du néolithique et des jarres imposantes, entre autres. Au bout de l’allée sont dressées 2 tentes berbères, expressives de la vie nomade. L’une du Moyen Atlas, l’autre de type saharien, différenciées par leur structure et l’artisanat ouvragé de la tente saharienne.

Puis c’est l’approche au travers d’une succession de petits musées de métiers et d’artisanat, de la vie locale toujours centrée et dépendante de l’eau et de sa source. Celui de « l’agriculture » présente des filets en palmes de dattiers pour le transport de la paille, des nattes et paniers de la même matière, des mesures pour les céréales, des protèges tibias en bois de tamaris, des faux, faucilles, fourches et autres outils agricoles courants en bois ou fer.

Quelques photos, tableaux, illustrations sont accrochés aux murs, souvent accompagnés d’une citation ou d’une fable. Ici, la fable du laboureur et de ses enfants, ailleurs une phrase de Khalil Gibran et toujours l’eau et sa symbolique.

Le musée de l’eau s’organise autour d’un grand bassin d’où s’échappent, légères et peu nombreuses, les bulles d’eau gazeuse de la source. On y trouve des jarres pour l’eau, des gargoulettes en terre cuite, des outres en peaux de vache, des « ougkrour » sortes d’outres à vidanges automatiques du 3em millénaire avant notre ère et venant d’Égypte.

On notera une clepsydre, « tanast » en berbère, antique horloge hydraulique faite d’un bol percé d’un petit trou au fond. Le bol est placé sur un récipient contenant de l’eau. Petit à petit, il se remplit et finit par couler. Ce laps de temps représente une unité de mesure qui multipliée par un certain nombre de fois donne le temps précis accordé à l’irrigation d’un champ. C’est « l’amine » le maitre de l’eau qui surveille les étapes. Il s’agit de comptabiliser le nombre de « tanast » impartis à chacun.

-Puis, nous arrivons à la salle qui représente le « musée des arts et métiers. c’est un grand salon en forme L où figurent, métiers à tisser, djellabas et burnous en laine des différentes tribus berbères du royaume: « Aït Atta, Aït Zayan, Aït Seghroucha, Aït Morghad, Aït Hadiddou, Beni Warein. On y trouve aussi des babouches du Souss, des « choukrra », sacs pour hommes et pour nomades, turbans de mariage, fibules et autres ceintures pour femmes.

Sur le mur extérieur de la pièce est accroché une couscoussière en vannerie faite en fibre de palmier dattier. Enfin, on parvient au « musée des manuscrits » avec ses livres anciens, ses ardoises coraniques, son secrétaire ancien compartimenté et une reproduction de 2 tables crées et offertes par Zaïd à la ville du Var « Le val », en France, lors d’une invitation à la fête annuelle du livre et de l’écriture. La fin de la visite s’achève avec la pièce abritant le bassin de la source initiale, restaurée, agrandie et assainie.

Le musée de l’eau des sources Lalla Mimouna est ouvert tous les jours aux heures du soleil…
Entrée : 50 Dh


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